28 décembre 2005



Dewi. Mon crane tout rond.



De haut en bas: Pas une locale. Temple hindou a Tanah Lot. Le monument aux victimes de l'attentat a la bombe de Kuta, Bali, qui tua plus de 200 personnes en 2002. Parmi les victimes figuraient plus de 88 Australiens, 39 Indonesiens, 3 Suisses...




De haut en bas: Surfette a Kuta Beach au crepuscule. Mes potes de Sumatra. A quoi il pense ce type.

Bali, l'ile de la tentation

Un email d'Amerique, la rentree a New York dans le froid, Jessi a realise en arrivant qu'il etait vraiment Noel. Ce cher Marco, rencontre a Diu en Inde, qui m'ecrit de la grise cite de Milan, noye dans la nostalgie des parties sur la plage. D'autres emails de potes qui bossent en Suisse. Je me souviens plus comment c'est, la vie normale, moi, en Suisse, le boulot, tout ca. Qu'est-ce que je vais devenir quand je vais rentrer? Porca Madonna, dans quel monde vis-je donc? Noel pour moi c'etait juste une soiree plus longue et plus arrosee que les autres... mes soucis principaux a Bali: je devrais cloper un peu moins et faire plus de surf. Tous les jours il fait chaud, tous les jours je vais au resto, tous les jours, je rencontre des gens geniaux et je m'eclate en lancant des boules en l'air ou en sirotant des cocktail a l'arak. C'est indecent.

Bali, c'est l'ile de la tentation... Paysage paisibles de verdure, plages de sable fin, surf, cocktails, bons restos... Les Balinais, chaleureux, sympas, plaisantent et jouent aux echecs a longueur de journee, et le soir sortent leurs guitares. Les filles, minces et fines, sont d'une beaute assomante: leur peau couleur cafe souligne leurs sourires et leurs yeux en amande, legerement brides.

Mais ce point de rencontre des touristes occidentaux, riches et avide de plaisir, et des paisibles hindous sur leur ile de reve, donne lieu a bien des perversites. Hedonisme , alcool, prostitution. Les locaux, le soir, vous propose d'abord un taxi, la voix haute, puis du shit en baissant la voix pour finir par un "young ladies?" discretement chuchote. Dans les discos, 90% des filles sont des prostituees. Certains touristes prennent toutes les filles pour des putes et leur demandent de fumer le calumet avec elles le plus naturellement du monde, sans se preoccuper d'etre assure que ce sont bien des filles de joie. C'est le vilain cote de Bali, qui est facilement explicable. Une jeune Javanaise qui debarque a Bali, sans sa famille pour la soutenir, est vite tentee par l'argent facile que peut lui apporter son corps. Le salaire mensuel d'une vendeuse ou d'une serveuse se monte au plus a 500'000 roupies par mois (environ 80 francs suisses). Mais une fille gagnera 300'000 a 800'000 roupies si elle offre une nuit de plaisir a un touriste.

Le vilain cote de Bali, c'est aussi le terrorisme, la peur qui plane sur la vie nocturne. La soiree de Noel avait un cote glauque a cause de la rumeur d'une nouvelle bombe lancee par les touristes australiens (pour ma part, quelques Bintangs ont eu vite fait d'effacer mon angoisse).

Moi, traveller endurci par deux mois en Inde, Bali m'a retourne comme une crepe scoute et ramolli les tripes. J'ai ete piege par Bali. Une semaine que je suis ici, a faire la fete au Bounty, a l'M BAR GO et au Double Six, avec John, Sabine, , Julien, Singal, Suci, Sharon... Les journees sont courtes car les nuits sont longues. Mais j'ai quand meme reussi a inventer deux nouveaux trucs de jonglage (je dis inventer, ca veut dire que je les ai trouve moi-meme, il y a d'autres types qui les ont faits avant moi).

Mais demain mon sac va me grimper sur le dos a nouveau. Destination Komodo chez les dragons.

24 décembre 2005






Diving on the Gili Islands

De haut en bas: coucher de soleil sur les Gilis. Sur le chemin des iles. Tiboudchou. Vue sur le volcan Rinjani. Gecko, gecko, gecko. Un passione de plongee.

Il y avait un enorme Suedois, flasque et degingande, qui faisait le cours de plongee avec nous. Youri, qu'il s'appelait. Qu'est-ce qu'elle nous a fait rire, cette grande asperge. Par un mystere de la nature, l'instructeur avait beau le lester, ce type ne coulait pas. 13 kilos de plomb, qu'il avait a sa ceinture. Un record. Moi qui fait toute de meme 1.84 m et 72 kilos, je n'avais que quatre kilos a ma ceinture et je coulais comme un caillou. Peut-etre avait-il les os particulierement poreux, ce type, il avait 60 ans.

Mais les problemes de Youri ne s'arretaient pas une fois qu'il avait franchi la surface de l'eau. Au contraire... ses longs membres, mus de facon desordonnees, ne l'empechaient pas de collisioner a tout bout de champ sur les coraux, et ca fait mal les coraux. Quand on faisait des exercices au fond de l'eau, Youri se retrouvait inevitablement le cul par terre, ses jambes demesurees s'agitant frenetiquement devant lui. Ah c'etait d'un comique, pauvre Youri. Mais pauvre de nous aussi, qui devions reprimer nos fous rires a 10 metres sous l'eau. C'est pas facile, de rire dans un detendeur.

Mais je dois avouer que moi non plus j'en menais pas toujours large. Mon probleme principal etait l'exercice de removal of the fucking mask. On devait s'exercer a perdre le masque de plongee sous l'eau, le remettre et le vider de l'eau de mer. Tout ca a 12 metres sous l'eau. A cause de mes lentilles de contact, j'etais force de fermer les yeux quand j'enlevais le masque. Je me retrouvais dans un noir complet, entoure de flotte, sensation plutot etrange. Mais mon probleme residait dans le fait que je ne trouvais pas le moyen de maitriser mes voies respiratoires. Des que j'enlevais le masque, je ne pouvais m'empecher de respirer par le nez, et comme je n'ai pas de branchies ca marchait pas. Alors je toussotais et avalais cette eau de mer ou les poissons baisent dedans, tout en me battant avec mon masque pour l'enfiler sur ma tronche. C'etait pathetique. Peut-etre que Youri s'est foutu de ma gueule aussi, maintenant que j'y pense.

Nous avons fait notre cours de plongee aux Iles Gilis, au large de Lombok. Ces iles correspondent certainement a l'idee qu'on se fait du paradis, nous autres occidentaux. La plus grande des trois iles mesure trois kilometres sur deux, la plus petite fait un kilometre de diametre. Les vehicules a moteurs et les clebs ne sont jamais arrives jusqu'aux Gilis. On se deplace a cheval et a velo. En consequence de l'absence de leur ennemi canin, les chats sont multitude. Et comme la population feline locale a ete confinee aux iles depuis des centaines d'annees, ces katz ont subi une mutation genetique au niveau de la queue, comme les chats de l'Ile de Man. Ils ont tous la queue courte. Les iles accueillent egalement une population importante de geckos, dont les cris sont quasiment surnaturels... ils font penser au couinement des petits jouets en caoutchouc quand on les presse, et ce son ressemble etrangement a leur nom, gecko, gecko, gecko.

Les iles sont entourees de plages de sable blanc et de bancs de coraux. Le climat y est serein, la proximite de l'equateur ne permettant pas au thermometre de descendre au-dessous de 20 degres. Pour accueillir le touriste, une partie de la plage est peuplee de jolis restaurants parsemes de palmiers. On mange son steak de thon ou d'espadon au bord de la mer, en l'agrementant d'un jus de mangue ou de papaye. Le soir, la bintang (biere locale) coule a flot. Certains restaurants servent egalement la specialite locale, le frappe au champignons hallucinogenes... ticket to the moon and back, lautet die Werbung. C'est legal, parait-il. Dommage, je n'ai pas pu l'essayer parce que je plongeais. Et puis, les habitants des iles sont extremement accueillants... les jeunes filles paraissent etre les descendantes des legendaires nephtalines a la peau douce et sucree.

Quels beaux moments j'ai passe sous l'eau, au large des Gilis, quand je ne me battais pas contre mon masque. Des le premier jour, nous avons vu plusieurs tortues qui broutaient paisiblement au fond de la mer. Des sortes de vaches de la mer, les tortues, et qui sont restees inchangees dans leur morphologie depuis 150 millions d'annees. Pour l'histoire de l'homme, il faut enlever trois zeros... Nous avons aussi vu un requin et une raie. Mais le plus beau c'etait le serpent de mer. Le speciment que nous avons observe mesurait au moins deux metres. Il se glissait elegamment entre les coraux et les rochers, ondulant ses annelures noir et argent. Le serpent de mer, comme la tortue, doit regulierement remonter a la surface pour respirer. Il est extremement venimeux, mais n'attaque jamais a moins qu'on lui marche dessus ou qu'on lui chatouille le museau. Notre ami le serpent nous a suivi pendant toute la plongee.

Mon premier sejour sous l'eau etait angoissant. On ne peut s'empecher d'etre quelque peu tendu en s'enfoncant dans les profondeurs. On eprouve la sensation d'etre perdu dans un monde oppressant qui peut nous etouffer. Mais cette impression est vite dissipee. On s'habitue au longues bouffees d'air en boite et on se laisse bientot porter par la fabuleuse sensation d'apesanteur. On est alors suspendu dans l'immensite de l'ocean, dont on sent la puissance qui nous porte. Alors on contemple le spectacle fascinant de la vie sous-marine... Pour ma part, plus que sa beaute, c'est son cote etrange qui m'a fascine. On entre dans un monde qui n'est pas le sien, ou la facon de se mouvoir et les couleurs sont differentes. Un gros coquillage qui se ferme quand on agite la main devant lui. Des petits nemos qui s'agitent dans une anemone de mer. Une grosse eponge a l'allure saugrenue. Il y a aussi un petit cote hostile, en particulier quand on jette un coup d'oeil du cote ou le paroi de corail s'enfonce dans l'abime sombre et apparemment infinie.

Dans un cours de plongee, on apprend egalement des choses interessantes sur sa propre anatomie. On apprend comment notre corps reagit a la pression sous-marine. Comme notre corps est presque entierement constitue d'eau, qui est incompressible, ce ne sont que les cavites qui contiennent de l'air qui posent probleme. En coulant, l'air contenu dans nos sinus et nos conduits auditifs diminue de volume et les parois de ces cavites se retractent. Pour eviter la douleur, on souffle dans son nez en le pincant pour ajouter de l'air dans ces cavites pendant qu'on descend. Quand on remonte l'air augmente a nouveau de volume et s'echappe de nos oreilles. Mais le danger vient avant tout de nos poumons, dans lesquels sont emmagasines de grandes quantites d'air, elles aussi sujettes a d'importants changements de volume. Ainsi, la regle primordiale est: plongeur, ton souffle jamais tu ne retiendras! Si par malheur le plongeur distrait retient l'air dans ses poumons en remontant a la surface, l'air bloque dans ses poumons augmentera de volume et provoquera une surpression pulmonaire, blessure tres grave.

L'autre danger vient de l'azote contenu dans l'air que nous respirons qui, sous la pression de l'eau, entre dans les cellules du corps. Si la remontee est trop rapide, ou si trop de temps est passe a une grande profondeur, le quantite exageree d'azote entrera dans le sang sous forme de bulles, ce qui peut etre egalement tres dangereux.

Le soir, quand je me couchais, j'avais l'impression que la mer avait pris possession de mon ame. Des reminiscences des profondeurs angoissantes et fascinantes hantaient ma somnolence... Je sentais Poseidon prendre la forme de Morphee pour me bercer. Mon sommeil etait agite, il etait bleu, tres fonce. Tous les soirs, je n'avais qu'une envie, retourner au fond de la mer.

23 décembre 2005




Bromo le petit volcan

Bromo le petit volcan vit avec ses petits copains Kursi et Batok dans un cratere geant cree il y a bien longtemps... derriere lui se trouve son grand frere Semuru qui est un grand volcan en activite. Bromo, lui, est un gentil volcan qui se contente de produire une fumee nauseabonde. Bromo est une star en Indonesie, un sexy benny local, on a meme construit un temple pour lui tout seul.

L'Indonesie compte plus de 190 volcans. Un volcan, c'est par la que la terre fait caca et expulse ses flatulences. Excusez-moi de tomber dans la scatologie mais je n'ai pu m'empecher de penser a ca quand j'etais sur le cratere de Bromo ou ca sentait l'oeuf pourri au point que ca piquait les yeux.

Mais les volcans c'est pas toujours aussi rigolo. En 1883, l'eruption du Krakatoa, entre Java et Sumatra, provoqua un tsunami geant qui tua plus de 36'000 personnes et transporta des bateaux a vapeur plusieurs kilometres a l'interieur des terres. Si l'on considere le bien moindre peuplement de la region a l'epoque, ce tsunami fut certainement d'une plus grande ampleur que celui de l'annee derniere. L'ile sur laquelle se trouvait le volcan fut reduite de deux tiers.

Mais Krakatau c'est du pipi de chat a cote de l'eruption de Gunung Tambora sur Sumbawa, en 1815. Les 180 kilometres cubes de cendres qui furent projetes dans l'atmosphere produirent une baisse de temperature a l'echelle globale. 1816 fut en Europe et aux States l'annee sans ete... il neigea a Londres en aout.

Que les photos parlent pour Bromo... L'enorme cratere et les volcans qui en surgissent produisent un spectacle gigantesque, fantastique.

17 décembre 2005

16 décembre 2005

Reve a Java

Tard le soir, un berger entra dans une auberge.

- J'ai besoin d'un homme, dit le berger.
- Tu as besoin d'une homme ou de plusieurs hommes? dit l'aubergiste.
- J'ai besoin d'un homme et de beaucoup d'hommes.
- Un homme est arrive a l'auberge ce soir.
- Comment est cet homme?
- Avec l'allure que tu as, comment peux-tu poser de pareilles questions?
- Comment est cet homme?
- Loge ici cet nuit et prends l'homme demain matin.

Tot, le lendemain matin, le berger emmena les hommes a la falaise et les y jeta.

05 décembre 2005

Le pays ou il y a pas de caca dans les rues

C'est un peu l'effet que m'a fait Bali quand j'y suis arrive... Apres l'Inde, un choc incroyable. C'est tout tranquille, pas de mecs qui klaxonnent, pas de decharges publiques, pas de vaches dans les rues, pas de puanteurs... A leur place, de jolies nephtalines qui sourient et plaisantent avec toi. C'est con a dire, mais ca fait un bien fou de pouvoir parler a des filles! En Inde, les serveuses sont des mecs moustachus et les vendeuses sont des types moustachus et la nuit tombee il y a que des moustachus partout.

L'arrivee a Bali m'a fait realise a quel point l'Inde fut intense pour moi. Je ne suis jamais alle dans un pays aussi intense que l'Inde. Ce fut une experience inoubliable. Je ne pourrais pas dire que j'ai aime l'Inde... Je ne peux pas aimer l'Inde. L'Inde est une love and hate relationship. L'Inde est magnifique, diverse, coloree, exuberante mais elle est aussi sale, bruyante et miserable. L'Inde est fascinante mais elle est chiante.

Bali, au contraire, est un petit paradis, mais un paradise lost aussi, a cause des bombings d'il y a deux mois qui ont tue le tourisme ici. C'est une catastrophe pour cette ile qui est restee tres pauvre. Il y a tout plein de belles discos et de jolis bars et d'accueillants restaurants qui sont lamentablement vides. Malgre tout, on voit beaucoup de surfers, la plupart sont blonds, muscles, tout beaux et rase du torse. Le soir, la gente feminine des boites de nuit se compose de prostituees locales et de teenagers scandinaves et australiennes, blondes et pulpeuses et le melange est assez particulier.

Je vais m'essayer au surf, mais pour l'instant je suis occupe a silloner l'ile a bord de la moto que j'ai louee, avec mon compagnon de La Neuveville, Daniel qui m'a rejoint pour 3 semaines! Et je me suis a apprendre l'Indonesien. C'est passionant.

28 novembre 2005

Note du blogmaster: malheureusement, dans les quelques dernieres semaines, je n'ai pas pu mettre a jour le blog et y ajouter des photos regulierement. Maintenant que je suis arrive a Kolkatta (Calcutta), j'ai pu telecharger beaucoup d'images et ecrire beaucoup de commentaires car ici il y a de bons cafes internet. Mais ca fait que Varanasi, Darjeeling et Kaziranga sont arrives tous d'un coup sur le blog. Et puis je n'ai toujours pas eu le temps de relater mon safari a dos de dromadaire dans le desert du Thar, lorsque que j'ai mange du lezard et que je me suis fait mordre a l'oreille par un scarabee. J'espere pouvoir le faire bientot. Pardonnez-moi cette anomalie, fideles lecteurs.

Et voila, adieu Shiva, adieu les vaches de la rue, adieu le tchai, je m'envole ce soir vers des cieux plus propices, vers un pays de legende aux 18000 iles qui accueillent le visiteur avec du sable chaud au gout de miel. Demain, l'Indonesie.

Je me suis debarrasse de mon guide Lonely Planet sur l'Inde. Aujourd'hui, il ne me reste qu'a aller voir, au jardin botanique de Kolkatta, le deuxieme plus gros banyan du monde. Le banyan, arbre sacre pour les hindous, etend son territoire au moyen de ses racines qui pendent de ses branches puis se fixent sur le sol. Le banyan de Kolkatta a une circonference de plus de 400 metres. C'est certainement l'un des plus grands etres vivants de la planete.


Kaziranga

Moi qui suis un fetard, j'estime le budget pour une bonne soiree a Zurich a environ cent francs: quelques bonnes bouteilles avant de sortir, 30 boules pour l'entree a la Dachkantine et le reste en bieres et cuba libre en soiree. Ainsi, je n'ai pas eu de scrupules a depenser une petite somme pour pouvoir jouir des merveilles du parc national de Kaziranga. Avec ca, j'ai depasse mon budget qui est fixe a 1500 francs par mois, 50 francs par jour. C'est un budget tres large pour un pays comme l'Inde...

En partant des plaines centrales du subcontinent et en contournant le Bangladesh par le nord, on debouche sur les etats du Nord-Est Indien, entoure par le Bhutan et la Chine (Tibet) au nord, par la Birmanie (Myanmar) a l'est et par le Bangladesh au sud et a l'ouest. L'etat d'Assam en forme la partie centrale et est traverse par le puissant Bramaputra, dont la largeur atteint 10 km a certains endroits et qui se deverse dans le delta du Deccan apres avoir mele ses flots a ceux du Gange, au-dessus de Calcutta. L'Assam est couvert de plantations de the et de rizieres, ces paysages etant agrementes de nombreux palmiers: cocotiers, bananiers et arbres de betel. Les etats du nord-est de l'Inde sont regulierement secoues par des troubles ethniques, provoques par les nombreux tribus indigenes qui reclament l'independance. Mais le parc national de Kaziranga, au centre de l'Assam, est un havre de paix qui abrite un animal magnifique, le rhinoceros a une corne (they call him the Great Indian One-horned Rhino).

Plus de 1500 rhinoceros vivent dans le sanctuaire. Y sejournent egalement d'importantes populations de buffles sauvages, d'elephants asiatiques, de stegosaures, d'oiseaux et de tigres. On peut faire des safaris a dos d'elephants, ce qui permet de se frayer un chemin a travers les hautes herbes des marais, et d'approcher les rhinoceros et les buffles de tres pres sans les effaroucher.

Les elephants sont vachement rigolos, surtout depuis derriere. On dirait qu'ils ont enfiles des pantalons de pyjamas trop grands pour eux. En plus ils marchent en balancant leurs pattes arrieres a gauche et a droite comme un grand-papa nonchalant. Mais ce sont de puissants animaux. J'ai file une banane a l'un d'eux et il en a profite pour me serrer la main avec sa trompe. Eh bin, porca madonna, un elephant a beaucoup plus de force dans sa trompe qu'un type en a dans sa main. En fait, c'est peut-etre evident, mais je n'avais jamais pense a ca.

Alors, l'elephant est le seul mammifere qui ne puisse pas sauter, d'accord; mais quel est la difference entre l'elephant africain et l'elephant asiatique? L'elephant asiatique est plus petit et a en particulier de bien plus petites oreilles. Il se distingue par un dos arrondi et deux bosses sur le devant de la tete. Et puis l'elephant asiatique n'a qu'une levre au bout de la trompe, tandis que l'elephant africain en a deux, avec lesquels il peut saisir des machins comme avec une main.

Les rhinoceros a une corne sont egalement plus petits que leurs potes africains. Bien qu'ayant retabli une population viable, contrairement aux rhinoceros de Java et de Sumatra, les rhinoceros indiens sont toujours gravement menaces, devinez a cause de qui, a cause des chinois qui pensent que leurs djibas se dresseront avec plus d'entrain s'ils sniffent de la poudre de corne de rhino. De ce fait, la lutte contre le braconnage est absolument draconienne a Kaziranga: il y a 3 jours, 2 braconniers ont ete descendus par les gardes du parc alors qu'ils chassaient le rhino. Sans autre forme de proces, apparemment...

La troisieme espece locale qui impressione par sa taille est le buffle sauvage indien, qui mesure deux metres et pese jusqu'a 1,2 tonnes (les taureaux qui hantent les arenes espagnoles ne font generalement pas plus d'un quintal). Ses magnifiques cornes peuvent avoir jusqu'a 2,75 d'envergure.

Pendant mes safaris, j'ai egalement eu le privilege de contempler trois loutres qui se reposaient sur une rive apres la peche. Voila des animaux qu'ils sont chous et elegants, les loutres. C'etait le plus beau moment du safari, car les loutres sont difficiles a observer, et parce que ca m'a fait penser a un ami biologiste blond qui m'est cher. Les martins-pecheurs, autres animaux insaisissables, etaient egalement tres nombreux dans le parc. Enfin, il y avait des pelicans, et des oies de Siberie, oiseaux migrateurs infatigables reputes pour leurs vols au-dessus de l'Himalaya, a plus de 6000 metres d'altitude.




More Kaziranga
De haut en bas: Cotton Tree. Great Indian Rhino photographie au peril de ma vie. Trois chtites loutres qui se prelassent. Les trois ptites loutres de plus loin.

Coucher de soleil en Assam.

27 novembre 2005



De haut en bas: Khandchendzonga, 8598 m. Khangchendzonga et moi. Shittie, mon petit compagnon nepalais.

Incursion dans l'Himalaya

Faune et Flore de l'Himalaya

2000 metres de denivellation separent Siliguri, juste au-dessus du Bangladesh, de Darjeeling, station touristique celebre pour son the. C'est une ascension vertigineuse pour entrer dans l'enorme forteresse qu'est la chaine de l'Himalaya. La route sinueuse m'a fait penser a la tristement fameuse Route de la Mort pres de La Paz, a la seule difference qu'ici, on apercoit encore le bord de la route en regardant par la fenetre du bus. En trois heures de temps, on passe des plaines chaudes du nord de l'Inde a de froides montagnes. Mais arrive a Darjeeling, on est surpris de decouvrir une vegetation luxuriante couvrir les montagnes avoisinantes. Moi qui adore la nature, j'ai ete everveille par la faune et la flore uniques qui prosperent dans l'Himalaya. Les forets, veritables jungles d'une densite extraordinaire, se composent de pins de l'Himalaya, de cedres et de peupliers entoures de fougeres et d'enormes rhododendrons. Ces arbres sont eux-memes couverts de mousses, d'herbes et de plantes grimpantes de toutes sortes. Il y a deux especes de bambous, dont la plus grande jette au ciel ses pousses verticales, droites comme la queue de Rocco, a plus de dix metres de hauteur. Ces bambous sont d'une solidite a toute epreuve et sont utilises pour construire des echafaudages a travers l'Asie.

Dans ces forets vit le petit panda, creature de la taille d'un gros chat couverte d'une epaisse fourrure rousse, qui passe ses journees a sommeiller dans les arbres et descend la nuit pour se nourrir de pousses et de feuilles de bambous. Cette region de l'Inde abritait autrefois son cousin le grand panda, autre bouffeur de bambou, qui est maintenant confine au pays des bouffeurs de riz. Ici vit egalement la civette, sortre de martre au museau pointu et au poil dru et le loris qui a les habitudes et l'allure lente du paresseux d'Amazonie. L'ecureuil volant plane d'arbre en arbre en deployant la peau fine tendue entre ses quatre membres. L'ours de l'Himalaya, plutot paisible, arbore une demi-lune sur son torse. Sous de plus hautes altitudes on trouve des animaux plus spectaculaires comme le yak, qui n'apparait qu'a environ 5000 metres, le migou (yeti) qui aime le whiskey et le leopard des neiges. Je ne sais pas quel est l'altitude qui delimite l'aire de repartition du leopard commun, largement repandu dans tout le subcontinent, de celle du leopard des neiges. Au zoo himalayen de Darjeeling, il y avait une troisieme espece de leopard dont j'ignorais l'existence et qui surpasse les deux autres par sa beaute: le "clouded leopard" (leopard nuageux?), nomme ainsi a cause des grandes taches allongees qui couvrent son pelage.

Le the

La region reculee ou le Yang-Tse-Kiang et le Brahmaputra prennent leurs sources, aux confins de la Chine, du Bhutan et de l'Inde, est le lieu d'origine du the. Longtemps monopolisee par la Chine, sa production a ete etendue par le colon anglais a l'Assam, a la region de Darjeeling et aux collines du Sri Lanka (Earl Grey), entre autres. La methode de preparation du the noir, qui differe de celle du the vert traditionellement utilisee en Chine, a ete empruntee par l'Anglais aux ethnies tribales de l'Assam. A Darjeeling, l'octopus s'est faufile dans une fabrique de the pour assister a ces procedes de production.

Le the est un arbuste qui peut atteindre deux a trois metres de hauteur. Dans les plantations, la hauteur des plantes est maintenue a 60-70 centimetres par les coupes annuelles. Celles-ci sont destinees a faire jaillir de nouvelles feuilles des rameaux chaque annee. A la cueillette, seules les trois feuilles a l'extremite de chaque rameau sont recoltees. Ces feuilles sont placees sur une sorte de longue table a trous, par lesquelles souffle de l'air chaud. Les feuilles sechent ainsi pendant une vingtaine d'heures, ce qui reduit leur teneur en eau de 50-60%. Elles passent ensuite dans une centrifugeuse qui separe les feuilles les unes des autres, les font s'enrouler sur elles-meme et repoussent l'humidite vers leur surface. Les feuilles sont alors mises a fermenter pendant environ 3 heures de temps. Le temps de fermentation est crucial, car c'est elle qui donne au the sa saveur caracteristique. Les feuilles passent ensuite dans une machine a air chaud qui stoppe la fermentation et extrait l'humidite restante. Finalement, les feuilles assechees sont triees pour definir des thes de qualite et de prix differents: les dernieres feuilles qui venaient de bourgeonner donnent le the de plus haute qualite. Les deuxiemes et troisiemes feuilles forment les categories suivantes. Les morceaux de feuilles brisees et les tiges sont le the de qualite inferieure. Le the est ensuite envoye a Calcutta pour etre scrupuleusement goute et classe par des gouteurs de the professionels. Des sortes d'oenologues du the quoi.

Nepalais et Tibetains

La majorite des la population de la region de Darjeeling est nepalaise. Les Nepalais sont basanes comme les Indiens, mais ont le teint mat alors que les Indiens sont plus chocolat. Ils ont les yeux brides, mais pas autant que les Chinois, et des traits asiatiques, mais sans les pommettes saillantes des guerriers mongols. La langue nepalaise est sans relation avec l'Hindi, mais les deux utilisent la meme ecriture, qui ressemblent a des vetements mis a secher sur une corde. Et les Nepalais sont hindous de religion. Ils m'ont paru plus reserves et moins bruyants que les Indiens. Ils sont habilles de facon plus occidentale, les filles portent meme des jeans, ce qui est rare sur le subcontinent ou le sari est de mise.

A Darjeeling, il y a beaucoup de drapeaux tibetains (quel beau drapeau, presque aussi beau que celui de l'Argentine) et des portraits du Dalai-Lama dans tous les coins a cause de l'emigration tibetaine qui a eu lieu sous le coup de l'occupation coco-chintok. On peut gouter aux momos, delicieux raviolis a la viande frits ou cuits a la vapeur (ce sont les jiaozis chinois) et a la thugpa, la grosse soupe paysanne aux nouilles et a la viande. Yammy. La cuisine tibetaine est un delice.

Khangchendzonga

Tenzing Norgay Sherpa accomplit avec Edmund Hillary la premiere ascension de l'Everest en 1953 (avant cela, il avait accompagne les tentatives infructueuses suisses). Il a grandi a Darjeeling et il est le heros local. Le musee de l'Everest de Darjeeling lui est dedie, ainsi qu'a d'autres pointures de l'alpinisme. Reinhold Messner y figure parmi les plus illustres, lui qui inaugura une nouvelle route au sommet de l'Everest en solo et sans oxygene artificiel. Il est egalement le seul homme a avoir gravi les 14 pics culminant a plus de 8000 metres. Et moi qui n'en avais jamais entendu parler avant que notre ours grison tue l'un de ses yaks. Shame on me.

De Darjeeling, on apercoit le mont Khangchendzonga, qui culmine a 8598 metres, ce qui en fait le troisieme plus haut tas de cailloux au monde apres l'Everest (8848 m) et le K2 (8611 m).

Anniversaire belge

Le 17 novembre, arme d'une bouteille de pinard indien, je me levai a l'aube et me lancai sur les traces du capitaine Haddock a la conquete de l'Himalaya. Le trek devait durer quatre jours et son itineraire suivait le trace de la frontiere indo-nepalaise. Je suivis mon guide pour gravir les 1000 metres de denivellation qui devait nous mener a Tumling, petit village nepalais a 3000 metres d'altitude. Mon guide n'avait pas l'allure d'un guide de haute montagne: c'etait un sympa teenager aux pompes de skater qui passa son temps a me raconter ses exploits amoureux avec la gente feminine de Darjeeling.

Ce premier jour d'excursion nous mena a travers les magnifiques forets himalayennes que j'ai decrites auparavant. Je soufflais comme un boeuf sous mon sac a dos mais ca ne m'empecha pas d'apprecier le paysage. Les nuages qui caressaient la montagne lui donnaient un air lugubre et mysterieux. La foret etait sombre et denuee de toute trace de vie. Je n'entendais que les corbeaux qui croassaient et quelques esprits qui toussotaient. La mousse qui couvraient les arbres et les herbes qui pendaient des branches me faisaient penser a la Spanish moss qui donne cet air si particulier, melancolique et mysterieux, aux arbres de Savannah, au sud des Etats-Unis. Ainsi la foret himalayenne, traversee par la vapeur des nuages, prenait des allures mystiques. Je retins mon souffle. J'essayai d'user de mes yeux comme des papilles gustatives pour jouir au mieux du spectacle. C'est une chose que je fais parfois en voyage: j'essaie de me concentrer intensement sur ce que je vois pour bien l'imprimer dans mon cerveau, car je sais que je ne le verrai plus jamais. Je deguste avec mes yeux, comme on le fait avec la bouche quand on savoure quelque chose de succulent: un bon vin, une huitre ou un nichon. Je me souviens m'etre plonge dans mes yeux de la sorte a Macchu Picchu, a Huang Shan, sur le pont Charles a Prague. Je le fis aussi le lendemain en admirant Khangchendzonga.

Le village ou nous fimes halte etait du cote nepalais mais la frontiere indienne longeait les quelques maisons. Bien que je dormis du cote nepalais, je pris l'habitude d'aller faire mes besoins du cote indien. Peut-etre parce que je me disais que ce cote etait deja tout cochonne, de toute facon.

Dans l'auberge, quatre pompiers belges qui faisaient la meme excursion me proposerent du whisky ecossais pour me rechauffer. Un epais brouillard nous glacait les os. Bien que la temperature ne soit pas tres basse, l'air charge d'humidite nous donnait une sensation de froid intense. C'est une lecon que m'a appris un sec du plateau, qui me revela qu'un jour qu'il se leva a quatre heures pour attraper le transsiberien a Irkoutsk, le mercure affichait -35 degres mais il n'avait pas froid. Parce que l'air la-bas est totalement sec.

Apres avoir fini le whiskey, j'invitai les Belges a partager mon pinard pour celebrer le debut de la trentieme annee de ma vie. Feter son anniversaire avec quatre pompiers belges, dans un village nepalais, voila au moins quelque chose de bien absurde. C'est un peu du meme ordre que de feter Halloween avec des ornithologues tcheques dans une mosquee a Tombouctou. Mais les flamands de Gant etaient fort sympathiques. L'un d'eux raconta comment, lors de sa traversee de la Siberie en moto, il avait poursuivi a moto a travers une foret et jete a terre en pleine course deux voleurs qui lui avaient subtilise son casque. Une autre me raconta que c'etait son propre cousin qui avait invente le fameux siege ejectable pour helicoptere dont l'armee belge a equipe tous ses appareils.

Le pinard indien, etonnament, etait delicieux . Les Nepalais ne l'appreciaient pas mais nous proposerent de l'alcool de riz du Sikkim et du rum nepalais. Le meilleur fut la "biere" tibetaine: celle-ci consiste en des grains de millet mis a fermenter dns une grosse chope en bambou, dans laquelle on verse de l'eau chaude. Apres que l'eau se soit bien impregne d'alcool de millet, on sirote le liquide a l'aide d'une paille en bois. Yam.

Mais ce soir-la, l'air rarefie de l'altitude, qui ne parvenait pas a se frayer un chemin dans les corridors obstrues de mes sinus malades, ne me laissa pas dormir en paix. Je me mis a sniffer du sel pour degager mes voies nasales et tombai dans un demi-sommeil agite. Je revai que j'avais avale un gros epis de mais entier qui me torturait l'estomac. Je m'eveillai tout fievreux et nauseeux. En me levant a l'aube pour admirer Khangchendzonga, j'avouai aux sapeurs belges que je n'avais pas la force de poursuivre l'excursion. Mais quelle belle montagne, Om Nama Shiva! Pendant quelques instants, je reussis a transformer mes yeux en papilles a nouveau.

Puis le brouillard se leva et je passai la journee a attendre ma jeep avec le petit chat Shittie au coin de l'atre, essayant de contenir ma nausee. Je redescendis a Darjeeling dans une jeep bondee d'Indiens buvant, fumant et criant... La jeep s'arretait a chaque buvette au bord de la route et moi je ne comprenais pas quel plaisir ils tiraient a faire les cons dans le froid et le brouillard. J'avoue les avoir hai, et je me demandai pourquoi j'etais venu passer mon anniversaire dans ce froid que je deteste. Mais cette courte experience de froid et de grisaille me fis bien comprendre pourquoi j'ai fui le Novembre suisse. Je me rappelai comment je m'etais dit que je preferais passer l'automne colle a des toilettes turques avec une grosse diarrhee en Inde, plutot que de passer par la deprime d'un novembre a Zurich. Mais je ne suis meme pas passer par la: le lendemain, mes maux de ventre avaient disparu, et je gagnai Siliguri, la ou il fait chaud. Et mon paquet d'Immodium est toujours intact!

En redescendant a Siliguri, j'ai vu des types qui jouaient aux cartes sur les rails de chemin de fer. Et quand on s'est arrete pour boire un the, la patronne de la buvette coupait son fromage au hachoir a cote d'un petit chat qui dormait. Ca, c'est le genre de trucs pour lesquels j'apprecie l'Inde. Ca semble sortir d'un film de Kusturica.

Arrive a Siliguri, je m'installai dans un bon hotel pour me reposer et suivre les exploits de mon heros, Roger Federer, au Masters de Shanghai.



En haut: petite fille nepalaise, pendant le trek. En bas: plantation de the a Darjeeling.




Darjeeling



More Diu... C'est Marco qui a pris les photos... De haut en bas, l'eglise Sao Tome, squatte maintenant par des traveloques decadents. Jonathan et moi qui discutons de Kierkegaard au dejeuner. Bex, moi et Jonathan en calbuth dans notre chambre.

En parlant de Diu, j'ai appris la-bas un chouette jeu qui pourrait agrementer les soirees d'hiver pourries que vous vivez en Suisse (hihihahou).

Ca s'appelle le jeu des insultes.

Les joueurs, places autour d'une table, doivent l'un apres l'autre trouver le nom d'une personne celebre. Le prenom de la celebrite doit commencer par la meme lettre que le nom de famille de la celebrite precedente. Vaut comme celebrite toute personne qu'au moins trois joueurs connaissent. Si le prenom et le nom de famille de la celebrite commence par la meme lettre, on change de sens autour de la table.

Pendant qu'un joueur reflechit a sa celebrite, il doit boire a sa choppe de biere ou autre rum ou whiskey sans interruption jusqu'a ce qu'il est trouve un nom. Pendant ce temps, il est du devoir des autres joueurs de l'inciter a boire et de l'insulter, de le houspiller, de le rabaisser autant qu'ils le peuvent. Ca donne a peu pres ca: Come on drink, fucking bitch with glasses, drink, drink etc. (c'est l'exemple que nous a donne l'Irlandais qui nous a explique le jeu, en s'adressant a l'americaine lunetteuse a cote de lui)... Dans notre cas, comme il y avait des gens de toutes nations, les insulteurs utilisaient les stereotypes attribues a chaque pays pour insulter les joueurs. L'irlandais s'en est donne a coeur joie de rabaisser l'anglaise: fucking british, took our country, killed our men, raped our women...

Maintenant que je decris ce jeu je remarque qu'il est vraiment debile... mais sur le moment c'etait marrant... peut-etre etait-ce du aux vapeurs houblonneuses et cannabisiaques qui flottaient sur l'ile de Diu....

Les Indiens et les Chinois

Je n’ai pu m’empecher de remarquer des similarites entre ces deux peuples… Les Indiens, comme les Chinois, sont petits, nombreux, sales, malpolis et bruyants.

Cependant, les ressemblances s’arretent et je me dois de nuancer… Les deux peuples sont sales de facons differentes. Les Chinois font plutot dans le crachat jaunatre intempestif. Les Indiens preferent s’amuser amasser d’enormes quantites de dechets putrides au milieu des rues.
Ils sont aussi malpolis de differentes manieres. Les Chinois poussent plus violemment dans les queues et a l’entree des bus. Les Indiens, quant a eux ignorent les mots pardon, merci et au revoir. Mais question bruit, ce sont les Indiens qui emportent la palme grace a leurs klaxons… mais les Chinois sont certainement plus criards.

Et puis, bien sur, les cultures de ces deux pays sont totalement differentes… par exemple, les Indiens ne trempent pas dans une sorte de frenesie capitaliste comme les Chinois. Et ils ne bouffent pas tout ce qui bougent comme les Chinois (mais moi, je prefere de loin la cuisine chinoise a la cuisine indienne).
L'Atrocities Act

Pendant des siecles, les membres des basses castes n'ont pas ete traites comme des animaux, mais pire que des animaux. Dans le livre "L'equilibre du monde", de Rohinton Mistry, qui se veut un roman realiste de l'Inde moderne, trois hommes de basse caste sont punis par les hautes castes pour avoir ose pretendre voter aux elections provinciales. Ils sont pendus par les pieds et fouettes toute la journee sous le soleil brulant. Puis leurs bourreaux introduisent des charbons incandescents dans leur bouche qui font fondre leurs langues et leurs levres. Ils sont ensuite pendus, cette fois par le cou, sur la place du village et leurs familles entieres sont massacrees.

Je ne sais pas a quel point cette histoire reflete la realite... D'apres les articles qui paraissent dans les journaux, ce genre de crimes sont encore commis regulierement. Ils ne sont que rarement l'objet de rapports dans la presse ou de poursuites judiciaires. Dans tous les cas, le parlement a cru necessaire d'introduire une piece de droit penal protegant explicitement les basses castes contre les atrocites. Cet loi s'appelle l'Atrocities Act et n'a ete mis en vigueur qu'en 1989. Pour ceux que ca interesse, vous pouvez trouver cette loi a l'adresse ci-dessous (je pense en particulier a mes amis juristes!). Les articles 3 et 4 enumerent le genre de traitments qui etaient couramment infliges aux basses castes.

www.hrw.org/reports/1999/india/India994-16.htm
J'aime pas en Inde
1. les klaxons aigus des motos
2. les types qui te mentent pour t'arnaquer
3. les types qui te fixent betement
4. les types qui te parlent la bouche pleine de noix de betel
5. le sol des salles de bains est toujours mouille ca m'enerve
6. il y a que du cricket dans les pages sport des journaux
7. les culs-de-poules qui font mal aux vertebres

La noix de betel pousse sur de longs palmiers efiles. Les indiens s'en fourrent plein la gueule et ils arrivent pas a te parler et ils bavent et crachent une sorte de substance rougeatre degueulasse. Il parait que ca pete, la noix de betel. J'ai essaye mais je crois que je suis allergique, ca me brule tout le thorax quand j'en bouffe.
Pour qui n'a pas grandit dans ce pays, il est difficile de comprendre l'engouement des indiens pour le cricket. Il n'y a que ca partout: du cricket, du cricket, du fucking cricket. La preuve que tous ces moustachus s'en foutent des autres sports: aux derniers jeux olympiques, le milliard d'Indiens n'a obtenu qu'une miserable medaille de bronze! Pourtant, le cricket, ca parait incroyablement chiant... c'est comme du base-ball en beaucoup plus lent... les matchs peuvent durer jusqu'a cinq jours!!!
J'aime en Inde
1. le tchai
2. les samosas et les pakoras
3. les vaches dans la rue
4. les images colorees de Shiva et de Ganesh
5. le lassi a la banane
6. Ahimsa
7. Diu

Le tchai est fait d'eau et de lait mis a bouillir avec du the. Il est generalement tres sucre et aromatise de gingembre, de cardamome, de clous de girofles et parfois de cannelle.
Les samosas et les pakoras sont des patisseries salees.
Il y a 100 millions de vaches en Inde.
Shiva est le Dieu tout-puissant destructeur au troisieme oeil sur le front et Ganesh est le Dieu-Elephant.
Le lassi est une sorte de frappe au yogurt qui me rappelle les "jugo de platano con leche" de la Bolivie, qu'a Coroico moi et Regis buvions dans nos hamacs accompagnes d'un ptit vin blanc chilien.
D'apres la doctrine hindoue appelee Ahimsa, l'homme doit s'efforcer de ne faire de mal a aucune creature vivante. Elle se traduit en particulier par le vegetarianisme (il y a certainement plus de vegetariens en Inde que dans le reste du monde reuni) ou par la doctrine de non-violence du Mahatma Ghandi, qui a sa tronche imprimee sur tous les billets de banque indiens. Ahimsa tire son origine des religions bouddhiste et jain apparue au 6e et 7e siecle avant Jesus-Christ (certains elements du bouddhisme ont ete incorpores a l'Hindouisme; le Bouddha lui-meme est une divinite hindoue, incarnation de Vishnu). Les moines jains poussent Ahimsa a son extreme: en avancant, ils balaie constamment le sol devant eux pour eviter de blesser de petites creatures qu'ils pourraient ne pas apercevoir.